Qualité de l'eau des rivières : l'UFC-Que choisir dénonce un bilan désastreux
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L'association de consommateurs lance ce mardi une campagne et une pétition pour la "préservation de la ressource aquatique", en fustigeant "des décennies d'agriculture productiviste" et "l'inaction des pouvoirs publics". Selon l'UFC, l'eau de nos rivières est de plus en plus "rare et polluée".
L'eau des rivières et des nappes phréatiques est dans un "état calamiteux". C'est le constat que tire l'UFC-Que choisir dans son "S-eau-S" lancé ce mardi, une campagne pour la "préservation de la ressource aquatique". Selon l'association, qui met également en ligne une pétition, les cours d'eau de la moitié du territoire français contiennent des pesticides à un degré supérieur à la norme. Et c'est le cas pour un tiers des nappes phréatiques. Les nappes phréatiques sont aussi de plus en plus polluées aux nitrates : "la proportion des nappes phréatiques fortement contaminées (plus de 40 mg/l) a augmenté de moitié entre 1996 et le début des années 2010", s'inquiète l'association.
L'agriculture intensive, coupable désigné par l'UFC-Que choisir
L'UFC-Que choisir met en cause l'agriculture intensive : "les quantités d’engrais à l’origine des nitrates n’ont pas baissé en vingt ans" et "l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans". Et à la pollution s'ajoute un autre problème : l'eau se fait plus rare. Pour l'association, là encore, l'une des raisons est à chercher auprès de la production agricole. Sur le site de l'UFC Que choisir, deux cartes mettent en évidence les liens entre les restrictions d'eau de cet été (84 départements touchés) et l'irrigation intensive.
Les consommateurs payent la quasi-totalité de la redevance pollution
L'agriculture serait donc responsable de 70% des pollutions en pesticides, de 75% des pollutions en nitrates, et de la moitié de la consommation nette en eau. Et, toujours selon l'UFC, ce sont pourtant les consommateurs qui payent : 88% de la redvance "pollutions" par exemple, contre 7% pour les producteurs. Il s'agit d'une "violation flagrante du principe préleveur-pollueur-payeur", alors que "1,9 million de consommateurs ont été exposés à une eau polluée par les pesticides agricoles entre 2014 et 2016."
L'UFC-Que choisir dénonce enfin le fait que la politique de l'eau est "trop souvent conduite en fonction des intérêts agricoles". En clair, les pouvoirs publics préféreraient "des mesures palliatives", comme la décontamination de l'eau, plutôt que de s'attaquer à l'origine de la pollution. Et le projet de loi de finances 2018 représente "la goutte d'eau de trop" : il prévoit "un prélèvement de 300 millions d’euros par an, soit 15 % du budget prévisionnel des agences de l’eau pour des utilisations sans lien direct avec la gestion de l’eau."
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